Comment se protéger face aux tentatives d’effraction
L’effraction d’un logement reste une réalité tangible pour de nombreux Français. Selon les dernières données du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) et de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), en 2022, 211 400 cambriolages ou tentatives de cambriolage de logements ont été enregistrés en France métropolitaine. Cela représente en moyenne 5,8 infractions pour 1 000 logements.
En d’autres mots : bien que le chiffre soit déjà significatif, il s’agit d’un minimum connu — beaucoup de tentatives ne sont pas signalées ou ne donnent pas lieu à déclaration.
Pourquoi la porte d’entrée est-elle le point faible principal ?
De nombreuses études convergent : le point d’accès principal exploité est la porte d’entrée. Par exemple :
- D’après une enquête, environ 64 % des intrusions ou tentatives résultent du forçage d’une porte.
- Une autre source indique que 61 % des cambrioleurs passent par la porte d’entrée.
- Le rapport Statistiques : nombre de cambriolages en France mentionne que « 8 cambriolages sur 10 passent par la porte d’entrée »
Autrement dit : la porte d’entrée constitue la cible prioritaire. Il faut donc lui donner toute l’attention côté sécurité.
Les techniques utilisées et ce qu’il faut en retenir
Les cambrioleurs cherchent avant tout la rapidité, la discrétion et la facilité. Quelques observations :
- Le repérage est fréquent : les malfaiteurs évaluent d’abord l’accessibilité du logement, le niveau de protection (serrures, alarme, fenêtres) et la disponibilité des lieux.
- Les heures majoritaires sont en journée : par exemple entre 14 h et 17 h environ.
- On retrouve fréquemment des procédés simples : forçage de porte, arrachage ou perçage du cylindre, intrusion via l’encadrement mal renforcé.
Mesures de protection à privilégier
1. Renforcer la porte d’entrée
- Opter pour une porte blindée ou semi-blindée avec certification. Des études montrent qu’une porte d’entrée protégée peut réduire les cambriolages de l’ordre de 24 à 27 %.
- Installer un cylindre haute-sécurité, anti-perçage, anti-arrachage, et si possible certifié A2P.
- Renforcer le bâti, les gonds, l’encadrement, pour éviter qu’un cambrioleur ne force l’ensemble par un pied-de-biche.
- Ajouter une poignée blindée ou rosace de protection, un renfort de gâche.
2. Installer une serrure multipoints certifiée
Une serrure multipoints (avec trois ou cinq points de fermeture) rend l’effraction beaucoup plus difficile. Le montage correct, l’alignement des points, la bonne insertion dans le bâti sont essentiels.
3. Compléter par des systèmes d’alarme ou de dissuasion
- Une alarme (connexion à télésurveillance ou autonome) peut réduire significativement le risque : selon une étude, elle réduit le risque de cambriolage d’une maison de 34 % et d’un appartement de 47 %.
- Des dispositifs visibles (stickers « alarme installée », caméra visible, éclairage extérieur avec détecteur) sont déjà dissuasifs.
4. Sécuriser les autres accès et soigner les habitudes
- Bien que la porte reste le point principal, les fenêtres, baies vitrées, portes-fenêtres doivent aussi être soignées. Par exemple : 17,8 % des intrusions passent par les portes-fenêtres, 11,9 % par les fenêtres.
- Vérifier que les volets roulants sont bien fermés, que les baies sont verrouillées, que les systèmes d’accès secondaires ne sont pas laissés vulnérables.
- Sensibiliser aux repérages : ne pas publier sur les réseaux sociaux ses dates d’absence, éviter les signes d’absence prolongée.
Conclusion
La protection contre les tentatives d’effraction repose sur une alliance : une barrière physique solide (porte, serrure, bâti) + une dissuasion intelligente (alarme, éclairage, caméra) + une vigilance quotidienne.
Avec une porte d’entrée bien sécurisée, un cylindre haute-sécurité correctement posé, et un accompagnement professionnel de qualité, le risque de cambriolage est significativement réduit.
